Lundi 5 mai 2008 1 05 /05 /Mai /2008 22:20
Le royaume est né en des temps immémoriaux, non de l'agencement aléatoire de continents et d'océans, de plaines et de monts, de marais ou de prairies mais de l'esprit infini d'une créature - Dobrande - aux allures de divinité. Elle l'a façonné à son image, le dotant lui aussi d'un esprit, d'une âme et donnant à son corps les formes de déserts, de prés, de montagnes et de vallons, de lacs, d'étangs, de falaises et de cascades. Elle mit beaucoup d'elle-même dans sa créature, beaucoup de son énergie et de sa force, si bien qu'on finit pas ne plus distinguer le créateur de sa création. Dobrande était-il l'artiste ou l'objet ?

Dobrande se peupla de lui-même. En son sein naquirent tant des êtres vivants au sens commun du terme que des entités spirituelles, volatiles, aériennes et impalpables ; celles-ci issues de l'esprit de Dobrande, ceux-là de son corps. Il existait un tel gouffre entre les deux qu'aucune compréhension n'était possible, aucune considération, aucun compromis. C'eût été comme faire cohabiter nuages et virus ou bien Humains et galaxies. Cette incompréhension mena vite à la crainte, la méfiance et la peur. Et illustrant pour la première fois un principe qui serait universel, leur peur donna naissance à leur esprit belliqueux.

Les esprits, telles des apparitions fantomatiques, ravageaient le pays des êtres vivants. Les Humains menaient une guerre impossible à gagner. La guerre s'éternisa face à la détermination des deux parties. Il vint un jour où Dobrande décida de ne plus supporter ce fardeau. Prenant forme sur ses propres terres, sous ses propres cieux, il ordonna la scission des mondes et rompit son intégrité. La face concrète du royaume, ses terres et son ciel, se détacha de la face éthérée, emportant avec elle les créatures vivantes et le corps de Dobrande. Le reste, la partie immatérielle, n'accueillit plus que les démons inconsistants et l'esprit de Dobrande.


Dobrande fut sauvé mais grandement affaibli. Pour maintenir l'équilibre de cet univers, Istarannon fut bâtie, la grande porte entre les mondes, seul barrière permettant leur sauvegarde. Tiendrait-elle longtemps sous les assauts perpétuels des démons ? Survivrait-elle au temps ? Serait-elle assez forte pour demeurer close en toute circonstance ? Dobrande l'ignorait. Il avait perdu bien de son essence divine lors de la scission des mondes. Son sacrifice avait été immense, à tel point qu'il dut adopter une forme d'apparence humaine sur la face matérielle du monde. Et dès lors, il passa son temps à trouver comment il pourrait à nouveau être un, comment rendre à son apparence humaine la part spirituelle qu'il avait abandonnée de l'autre côté d'Istarannon.


Par Uldrich - Publié dans : Genèse de Dobrande
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Lundi 5 mai 2008 1 05 /05 /Mai /2008 23:10
En t'égarant ici, lecteur, tu as fait l'erreur la plus agréable qui soit. Tout ce qui t'entoure désormais t'est familier, tu penses tout connaître ; ces collines ont loin, tu les as déjà gravies. Cette forêt toute proche, tu l'as déjà sillonnée. Cette rivière, devant toi, tu as déjà goûté son eau. Du moins, le crois-tu, car qu'est-ce qui ressemble plus à une prairie qu'une autre prairie ?

Pourtant...

Pourtant, ce royaume-ci, je te le promets, lecteur, tu ne l'as jamais visité. Ces montagnes sont vierges de tes pas et tu n'as jamais senti cet air. Tu entres ici sur les terres de Dobrande.

Ne recule pas. La sortie n'est pas derrière. Au contraire, laisse-toi aller, prends la main tendue du guide heureux de faire découvrir son pays. Accepte le vieux Lakiru comme guide. Il connaît les chemins du royaume, les sentiers secrets, les voies souterraines et toutes les routes du monde. Il les a déjà parcourues tant et tant de fois.


Si tu décides de suivre le guide, puisses-tu trouver plaisir à écouter son histoire, celle de son monde. Dobrande te laissera libre de sillonner ses terres, Dobrande t'accueilliera en son sein tant que tu lui permettras de vivre en toi, en ton esprit, en ton imaginaire. Il ne vit que par là.


Dobrande, le livre

Dobrande est un ouvrage composé de deux histoires distinctes, chacune indépendant de l'autre, ayant ses personnages et ses événements propres. Il se trouve toutefois quelques liens, à commencer par le lieu de son déroulement : Dobrande.

L'histoire a existé sous la forme d'un livre publié aux éditions Thot mais dont les droits appartiennent aujourd'hui entièrement à son auteur, suite à une querelle dont on ne parlera pas plus avant sur ces pages.

Aujourd'hui, Dobrande ne demande qu'à renaître, sous une forme ou une autre... et en attendant que ce soit "une autre", ce sera celle d'un blog. Il ne sera ici question que de Dobrande, son histoire, sa genèse, ses personnes, ses héros. Le lecteur n'y verra, autant que faire se peut, aucune allusion au triste monde qui l'entoure quotidiennement. Ici, il sera entre les frontières imaginaires et magiques du royaume.

Il existe, en ce jour de la création de ces pages, quatre sections.


La Genèse permettra de comprendre ce qui n'est pas clairement dit dans l'histoire ; création du royaume, passé mythologique et mythique, les grands événements de la préhistoire de Dobrande.

Les feuilletons permettront de révéler des épisodes inédits liés plus ou moins directement, plus ou moins intimement, à la trame de l'histoire.

Le Hors-Sujet permettra d'aborder des sujets tel que celui-ci qui, sans s'écarter de l'univers de Dobrande, ne constitue pas pour autant le coeur ni l'essence du blog.

Les extraits offriront au lecteur quelques passages issus de l'histoire, des passages qui auront été, préalablement à la diffusion sur ces pages, corrigés, reconstruits et, tant qu'à faire, améliorés.

Comme il en va de soi dans ce genre de média, tous les commentaires sont plus que bienvenus. Espérons que ce petit espace virtuel vivra longtemps, sera animé, suivi et attendu par nombre d'entre vous. Uldrich, Lencien, Aldebert et tous les personnages de Dobrande vous attendent dans les pages et articles qui suivent. Ils vous souhaitent un très agréable et excellent voyage sur les terres de leur monde. Bon vent !
Par Uldrich - Publié dans : Hors Sujet
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Lundi 26 mai 2008 1 26 /05 /Mai /2008 19:55
J'ai travaillé tout récemment à la ré-écriture des quelques premières pages d'Akas, qui constitue l'une des deux histoires de Dobrande.

Le commencement d'un livre, d'une histoire, n'est jamais la partie la plus facile ; elle est toutefois loin d'être la plus complexe (la palme d'or de la complexité revient, selon moi, au dénouement de l'histoire et à la façon de préparer les adieux déchirants entre le lecteur et les personnes). La réussite d'une introduction réside dans l'art de faire naître l'intérêt dans l'esprit du lecteur sans toutefois tomber dans l'excès - trop souvent constaté notamment dans le domaine de l'h eroic fantasy).

Les pages que je vous propose ci-après sont bien loin d'être dans l'excès. En revanche, je n'irai pas non plus jusqu'à dire qu'elle suscitent beaucoup d'intérêt. C'est une présentation du royaume et du voisinage proche d'Uldrich ; j'espère l'ensemble suffisamment fluide pour éviter l'ennui. J'attends vos commentaires. Dites-moi également si les extraits proposés sont trop longs ou trop courts pour un blog.

Nous allons découvrir Uldrich, personnage-héros qui occupera la majorité des deux histoires de Dobrande - Akas et Istarannon - ainsi que la citadelle d'Akas, capitale du royaume.

        Uldrich se tenait appuyé nonchalamment à la balustrade de pierre d’une des nombreuses terrasses de la citadelle. Dans son dos, c’était la vallée, la grande Vallée des Rois, encore plongée dans la pénombre, le froid et l’humidité ; une région suffisamment vaste et déserte pour que quelques animaux sauvages vinssent jusqu’au bord du fleuve pour profiter de son herbe grasse et savoureuse. Face à lui, c’était Akas, la citadelle royale et capitale du petit royaume de Dobrande avec, à son sommet, comme un geste obscène adressé au monde alentour, la tour du roc qui se dressait vers les cieux, aussi haute, froide et austère qu’elle était inutile et prétentieuse. Uldrich l’observait fréquemment et longuement, avec minutie, comme s’il eût la volonté de la comprendre. Il se souvenait d’une époque où il n’était pas encore le plus fidèle conseiller du roi, d’une époque où il n’avait même encore rien à faire avec le pouvoir royal, d’une époque où, selon lui, rien de ce qui s’était passé n’aurait dû arriver s’il avait été à cette place, qu’il occupait désormais. Bien que d’aucun considéraient cette construction comme un monument dont chacun pouvait être fier, comme un chef d’œuvre d’architecture, le conseiller, lui, la voyait surtout pour ce qu’elle avait été, réellement, concrètement et fondamentalement : un ouvrage dont l’édification avait mis en périls bien des vies d’ouvriers, sans but précis, sans utilité et sans nécessité. Et c’était sans compter le choix du matériau, ce choix si contesté par toutes les tranches et tous les niveaux de la population d’Akas que la monarchie avait failli être renversée.

        La citadelle avait été érigée là, à flanc de montagne, et pour la faire naître, il n’avait pas tant fallu bâtir, assembler et empiler que creuser, évacuer et enlever la matière de cette paroi rocheuse. En effet, Akas était établie d’un seul bloc. Des ouvriers acharnés, par centaines, avaient œuvré sur ce chantier colossal pendant des décennies, grattant, taillant, sculptant une pierre résistante et traîtresse afin de creuser terrasses, esplanades, escaliers et, plus profondément, maisons, auberges, échoppes et appartements royaux. Akas n’était qu’intériorité si bien que, vu depuis le contrebas, dans la Vallée des Rois, on ne distinguait que fenêtres et balcons. L’avantage d’une telle œuvre, outre celui d’être l’unique exemple de cette architecture dans tout le royaume, était d’apporter une solidité à toute épreuve. La contrepartie était ce froid glacial et pénétrant qui emprisonnait tous les étages de la ville des premiers matins de l’année jusqu’au dernier et qui, disait-on, évinçait les faibles cœurs des murs de la cité et renforçait les plus endurants.

        Akas avait cette réputation de place forte, indomptable et imprenable, réputation d’autant plus renforcée par la présence, dans les profondeurs de la montagne dans laquelle elle était creusée, d’un minerai étrange et particulier qu’on ne trouvait que là, un minerai qui ne se laissait maîtriser qu’à de très hautes températures et qui permettait par la suite la confection d’armes et armures particulièrement lourdes et résistantes : le roc lourd. La présence de cette ressource dans les profondeurs d’Akas ainsi que la position privilégiée de la ville, perchée entre ciel et terre, accrochée à la montagne comme un nid d’aigle, assurèrent dès les premières années de son érection une autorité infaillible à la capitale. L’image d’une citadelle forte et inébranlable, sans compter l’austérité de son atmosphère, inspirait respect et soumission aux contrées avoisinantes. Il n’y avait qu’un seul événement de son passé qui avait survécu au passage du temps. L’édification de la Tour du Roc avait été décidée par le roi actuel, Aldebert, au tout début de son long règne. Cette volonté bien qu’extravagante n’avait rien de préjudiciable à la vie de la cité. Ce qui l’était bien davantage, en revanche, avait été le choix du monarque de voir sa tour faite de roc lourd massif. Non seulement s’agissait-il là d’un choix stratégique particulièrement peu judicieux – en quoi cette tour décorative nécessitait-elle de résister à toutes les foudres du ciel ? mais il impliquait également de puiser considérablement dans les réserves de roc lourd des chantiers miniers, réserves encore à ce jour indéterminées et qui viendraient tôt ou tard à être complètement épuisées. Ce jour, pensait Uldrich, serait probablement le premier d’une longue ère de déchéance pour Akas. C’était le genre de choses qu’il parvenait à deviner avec une grande justesse. Il savait que, tôt ou tard, la présence ou l’absence de réserves de roc lourd déciderait du devenir de la citadelle. Ainsi, chaque matin, il lançait un regard réprobateur à cette structure noire, comme l’accusant d’être le signe d’une chute à venir ; cette contemplation le mettait souvent dans une humeur massacrante. Il arriva enfin à s’y arracher après de longues minutes de réflexion silencieuse et passa la main dans la masse grise de ses longs cheveux secs. Il se retourna en direction de la Vallée des Rois. Cette vaste étendue herbeuse s’étendait en contrebas, à près de trente mètres en dessous des premiers balcons d’Akas. Un fleuve au loin, l’Oren, serpentait, large et placide, du nord au sud. Ce côté-là était de loin le préféré du conseiller royal. Il y avait là la nature, la simplicité et la fraîcheur du paysage. Il laissa glisser sa main calleuse sur la balustrade de pierre froide. Il aimait ce contact qui représentait, par opposition à la tour, le côté humble et honnête de cette bonne vieille cité de cailloux.

 

Illustration de Sophie Leta


        Pourtant, le côté est de la ville, celui qui avait pour arrière-plan la Vallée des Rois, entretenait sa part de crainte et d’inconnu. Sur le côté ouest, c’était la falaise, la grande chaîne du Letion s’étirant lui aussi du nord au sud, la solidité de ses contreforts assurant sa sécurité à la ville mais à l’ouest, c’était l’étendue vaste et dégagée de la vallée, fermée au sud par les monts Oros, et au-delà, la dangereuse cité des Mages de Geranan. Uldrich s’efforçait de ne pas y penser. Songer à Geranan, c’était un peu la laisser s’immiscer en soi. Hormis les téméraires, personne ne méditait sur la Cité du Cercle sans être pris de frissons et de frayeur.

 

        Quand les premières lueurs parurent à l’est, Uldrich abandonna son observatoire et gravit près d’une dizaine d’escaliers successifs, passant notamment devant le quartier militaire puis, au-dessus, le quartier royal et le large parvis du palais et de la Tour du Roc, et enfin le quartier des artisans forgerons et métallurgistes, parmi les meilleurs du royaume. Au-delà de cet étage, l’on ne trouvait plus guère que de vieilles habitations abandonnées dont l’irrégularité des parois conférait à l’ensemble un aspect de caverne sauvage plutôt que de maison. A ce niveau, le vent était constant et le froid trop vif pour que quiconque puisse y vivre à longueur d’année. Si l’on s’éloignait suffisamment en direction des profondeurs de la montagne, on finissait par sinuer dans d’étroites ravines en pente raide qui grimpaient en direction du plateau d’Akas. C’était d’une certaine façon la porte de derrière de la citadelle mais le chemin était si exigüe et dangereux pour le pied inexpérimenté que personne ne songeait jamais qu’on pût arriver en Akas par cette voie-là. Bon nombre d’habitants de la ville ignoraient même l’existence de ces passages.

        La destination du premier conseiller, en ce matin, se situait encore au-delà. Il avait convenu d’inspecter scrupuleusement les chantiers miniers d’Akas car si ces étages et les suivants étaient complètement désertés par les habitants, des mineurs y œuvraient encore jour et nuit afin d’extraire du Letion le précieux roc lourd. Il voulait être là le jour où le rythme d’extraction du minerai viendrait à baisser, faute de gisements exploitables. Il le voulait plus que tout au monde. Lorsqu’un tel drame surviendrait, il lui faudrait mettre à contribution tout son savoir-faire et son expérience pour qu’Akas ne soit pas déchue. Même si, selon le conseiller Uldrich, le risque d’une pénurie de roc lourd était le danger le plus terrible pour Akas pour les décennies à venir, il n’en pipait mot. Tous ses collaborateurs, les autres conseillers ainsi que le roi lui-même n’avaient pas la même façon de percevoir le monde que lui. D’une certaine façon, Uldrich avait une façon d’appréhender l’avenir qui lui était propre ; l’exposer à autrui serait la tourner en ridicule puisque personne ne la comprendrait ni ne la soutiendrait. Peu importait qu’Uldrich dût agir de manière solitaire et isolée. Ce qui importait, c’était que, depuis toujours, ses conseils et ses opinions eussent toujours permis à la cité de perdurer, ainsi qu’à la monarchie qu’elle accueillait en son sein glacé.

 

        Le conseiller, perdu dans ses méditations quotidiennes éternelles, arriva bien vite à l’entrée des premières galeries. A partir d’ici, le Letion devenait un véritable réseau souterrain doublé d’un réseau de rails. Un wagonnet avançait d’ailleurs en direction d’Uldrich, poussé par deux mineurs. Ils ne reconnurent pas tout de suite le conseiller, éblouis par le contraste entre les cavernes et l’extérieur et par le jour qui se levait à l’est. Cependant, ils étaient maintenant habitués à ses visites quasi quotidiennes.

        « Bonjour, Monseigneur Uldrich, dirent-ils presque en cœur.

        _ Bonjour, bonjour. Je ne cesserai de vous le dire, à tous, je ne suis pas seigneur en ce royaume, ni en aucun autre à ma connaissance. Uldrich suffirait, je présume, ou bien conseiller Uldrich, s’il vous faut me donner un titre pour vous mettre à votre aise.

        _ Très bien, conseiller, veuillez-nous excuser. »

        Uldrich n’avait pas particulièrement d’intérêt à entretenir ce respect et cette crainte naturelle que toutes les simples gens éprouvaient déjà naturellement à son égard puisqu’il aimait pouvoir comprendre, penser et agir comme eux – au besoin, se fondre parmi eux -  mais il semblait que sa position sociale, l’aura de mystère qui l’entourait et sa grande taille l’empêcheraient pour toujours d’être considéré comme l’un des leurs. Comment pouvait-il en être autrement quand il s’agit de la personne la plus proche du roi en personne, avant même sa propre fille, Zigmaël.

        « Quelles sont les nouvelles des profondeurs ? demanda-t-il aux deux ouvriers.

        _ Peu de nouvelles, Monseigneur, les filons qu’on a trouvés le mois dernier donnent toujours autant. Ça va durer, de l’avis de tous les gars. Quelles sont les nouvelles d’en bas ? questionna l’un des deux en retour.

        _ La fête du printemps se prépare malgré les rigueurs de l’hiver ». Ce furent ses seuls mots. Et le ton sec et peu amical dont il usa machinalement n’enjoignirent pas les deux mineurs à poursuivre leur discussion. Ils baissèrent les yeux, presque honteux, et reprirent leur chemin.

        Uldrich laissa les ouvriers derrière lui et poursuivit son chemin, s’entourant de ténèbres de plus en plus poisseuses, à peine entrecoupées de torches en fin de vie qui empestaient le brai.

 

 

Par Uldrich - Publié dans : Extraits
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